Définition de la monnaie

Publié le par jacques Brethé

Définition de la monnaie.

 

 

                         La monnaie correspond à la reconnaissance d’un travail, d’un service ou d’un mérite par la Société en leur attribuant une valeur d'échange.

 

                        La meilleure façon de définir consiste à situer l’objet dans son genre général et à préciser sa différence spécifique. Ainsi la définition du blé consistera à le situer dans sa famille, dans sa classe, dans son genre, ici les céréales et par la suite à donner ses différences par rapport à d’autres céréales comme le seigle, l’avoine, l’orge.

 

                        La monnaie rentre dans le genre général des reconnaissances, elle se situe dans le domaine de l'esprit capable d'évaluer et de juger et on ajoute pour la différence spécifique qu'elle possède une valeur d'échange.

 

La définition précise que la monnaie correspond à une reconnaissance accordée par la société, c'est dire que la société est au centre, qu'elle joue le rôle majeur, qu'elle possède l'initiative, qu'elle domine sur tous les groupes, les clans, les partis, elle n'est pas à la merci, à la disposition de quelques-uns qui désireraient la gouverner pour leurs intérêts particuliers.

 

La définition spécifie qu'il s'agit d'une valeur d'échange. C'est le premier lien social, un lien vital. Cette valeur d'échange aura force de loi, on ne pourra la refuser et cette valeur d'échange prend une forme chiffrée qui peut s'inscrire dans nos mémoires ou sur un compte qu'il soit livre ou disque dur

 

Le terme de reconnaissance est en lui-même significatif. La reconnaissance suppose deux termes, deux pôles, elle établit une relation entre deux êtres, elle se situe dans le vaste édifice des lois, des devoirs et des droits, nous sommes dans le domaine juridique, dans le domaine des conventions qui ont exigé discussions, échanges et finalement accord. Nous sommes dans le domaine propre de l'homme, dans le domaine de l'esprit, son domaine de prédilection.

 

 La monnaie dans son jet naturel n'a rien à voir avec une matière, une marchandise, elle se situe d'emblée dans nos têtes, dans notre esprit, elle suppose l'établissement d'une équivalence entre un travail, un service, un mérite et une valeur d'échange qui s'impose à tous. En fin de compte, on s'apercevra qu'on échange du temps travaillé, des services contre d'autres temps et services travaillés quel que soit le support de reconnaissance choisi, que ce soit une plume, un coquillage, un billet, un chiffre habillé, une parole, un signe quelconque dans un univers préalablement défini, l'univers des échanges avec toutes ses lois et conventions.

 

                         On dit que la monnaie d’abord correspond à la reconnaissance d’un travail c’est-à-dire d’une tâche utile reconnue par la société mais aussi il faut ajouter la reconnaissance d’un service ou d’un mérite pour récompenser tous ceux qui ont apporté et qui apportent un plus, un bien, un bienfait, un enrichissement au patrimoine technique, scientifique, artistique, culturel, éthique de l’humanité. Il s’agit de tous les services et des droits d’auteur et de création.

 

                         Le travail est premier et créateur, c’est le moment essentiel, la reconnaissance vient en second et c’est la société qui décide de reconnaître ou non telle activité comme un travail et de le transformer en valeur monétaire. L’activité que je réalise pour moi, commandée par ma seule volonté ne reçoit aucune équivalence d’échange. La monnaie suppose bien un pacte entre un individu et la société représentant tous les autres individus, personne ne peut exiger de sa propre autorité que la société reconnaisse un travail qu’elle n’a pas commandé.

           

                         Si le travail est premier et la monnaie sa simple reconnaissance avec toutes les garanties qu’il s’agira de préciser et de définir, on n’a jamais à se demander pour entreprendre si on a de la monnaie mais on doit former un projet, le présenter aux instances spécialisées qui décideront si le projet en vaut la peine et qui pourront l’autoriser en demandant à la banque de reconnaître le travail ou le service accompli sous forme de monnaie.

 

 La monnaie ne se crée pas à partir de rien mais à partir d’un travail ou d’un service reconnu utile. C’est le lien pratique qui unit les hommes et leur permet d’échanger travail contre travail, service contre service. La monnaie établit une solidarité étroite entre les hommes qui deviennent interdépendants les uns des autres, extrêmement liés. C’est ce qui explique que la monnaie demeure un bien précieux, qui doit être garanti et géré avec le plus grand soin. En particulier la liaison travail-monnaie, service-monnaie doit être très étudiée et demeurée stable. Une abondance de monnaie entraîne l’inflation, une dépréciation préjudiciable pour tous ceux qui ont parié sur sa stabilité garantissant leur avenir. Une raréfaction de la monnaie bloque tous les échanges et réduit la vie économique en privant un grand nombre de l’accès au travail et par conséquent aux biens.  Il y a un équilibre à chercher et à parfaire sans cesse. La monnaie unit tous les hommes d’une même société. Elle fait partie de la sphère politique, du domaine public.

 

 

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Rémi Stellian 07/01/2008 11:07

Bonjour,

j'aimerais vous faire part de mes vues sur la question monétaire, mais j'ai besoin que vous me précisiez ce que vous entendez par le concept de "travail".

jacques Brethé 07/01/2008 18:03

Merci de lire mon blog et de poser une question.Par travail, j'entends, une activité utile, rémunérée, en général productrice de biens.Je ne vais pas rentrer ici dans toutes les subtilités possibles.A bientôt.