Une naissance extraordinaire

Publié le par jacques Brethé

Une naissance extraordinaire

 

            Ce fut extraordinaire, cette naissance de la Banque Centrale des Archémides, un éblouissement, un charme à l’oeuvre. Au moment où le décret de création fut signé par Suinam, la Banque ne possédait rien en caisse si ce n’est sa bonne volonté, tous ses livres étaient vierges, aucune réserve dans ses caves, aucun or caché, aucune écriture, l’angoisse des pages blanches qui étreint le poète et puis voici le miracle, si l’on peut dire, les responsables des administrations, tous les donneurs d'ordre demandaient qu’on mette sur les comptes de leurs administrés, de leurs ouvriers ayant travaillé une reconnaissance en monnaie et voilà les livres pleins d’écritures et les comptes des individus qui se chargent. La banque remplit ses coffres pour ainsi dire du travail des autres. Elle ne possède rien, elle se contente d'enregistrer et de gérer. Elle obéit aux lois de la société. C’est ainsi qu’à chaque naissance, une fois l’enfant reconnu et inscrit, il a droit à tous les avantages consentis par la société, il aura ses allocations, son éducation, sa profession et il en est de même pour le travail reconnu à la base de tout l’édifice social, c’est lui qui nourrit et alimente. Un devoir et des droits. Je remets entre les mains de la société les fruits de mon travail et en reconnaissance, elle me remet une somme de monnaie. Je remets aux mains du pharaon ma récolte, le scribe inscrit sur son papyrus mon apport et me donne le droit de me servir dans le magasin, un jeu d'écriture qu'il soit manuscrit ou électronique mais un jeu garanti par la force de tous et pour nous un magasin à l'échelle planétaire et avec une facilité des échanges et un choix de produits infinis. Le fruit de mon travail se trouve dans la Banque concrétisé sous la forme d'un chiffre, un chiffre sacré, un sésame à ma disposition que personne ne doit toucher, trafiquer, dévaloriser, c'est un peu moi-même qui ai pris position et place dans la Banque.

 

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