Un revenu pour tous. (suite 13)

Publié le par jacques Brethé

Un revenu pour tous.

 

                        Rien n'est pire que l'exclusion, c'est une des racines du malheur humain. C'est la guerre assurée avec tout son cortèges d'horreurs, le racisme, les ghettos, la mort. Aussi il faut l'éviter en donnant à chacun un salaire ou des revenus pour qu'il puisse s'intégrer, s'insérer dans les mailles et le courant de la vie en société.

 

                        Jouir d'un logement, c'est bien, c'est la base, c'est votre socle, encore faut-il recevoir de quoi vivre. Ce sera la société, désormais créatrice et dispensatrice de la monnaie et du travail qui y pourvoira. Le revenu prend deux formes essentielles avec quelques subdivisions, le salaire du travail et le salaire de vie.

 

                        Le salaire du travail comprend trois niveaux en règle générale : le salaire de vie, le salaire du travail proprement dit, le salaire de la fonction.

 

                        Le salaire de vie, attribué comme base à tout citoyen quelle que soit sa situation, bien portant, étudiant, malade, accidenté, handicapé, retraité correspond à la somme de monnaie nécessaire à la satisfaction des besoins élémentaires évalués par une instance indépendante selon des lois et des règles. Ce salaire évolue en fonction de l'âge comme si la personne handicapée suivait le même cursus qu'un travailleur ordinaire, elle ne doit pas être infériorisée, elle ne doit pas pouvoir dire :"Si j'étais en possession de tous mes moyens, ce n'est pas le SMIC que je recevrais mais bien plus". On sait que la société prend en charge en plus pour le handicap tous les frais supplémentaires occasionnés mais aussi sur ce salaire de vie, elle retient les dépenses ordinaires de loyer, de nourriture, d'entretien s'il y a lieu. Chacun a des droits mais aussi des devoirs.

 

                        Au salaire de vie s'ajoute pour la plupart le salaire du travail. Celui-ci correspond à votre qualification, à vos responsabilités, au temps passé à travailler. Il peut varier souvent au cours de la vie. Ce sera le niveau moyen de ce salaire calculé sur une durée réglementaire type qui vous sera maintenu si vous veniez à perdre votre emploi indépendamment de votre volonté. Personne n'aura jamais à craindre de perdre ses revenus et si la société a un peu de tonus vous serez immédiatement employé dans un travail équivalent même s'il faut un stage de conversion. Le propre de l'enseignement de base reçu, c'est de permettre à chacun de se recycler sans difficulté.

 

                        Au salaire du travail s'ajoute le salaire de la fonction. Il s'agit à qualification et à responsabilité égales de vous confier une fonction supplémentaire, plus délicate et souvent pour un temps limité. Vous devenez coordinateur, secrétaire, trésorier, on vous confie une mission spéciale... Ces tâches elles aussi doivent être reconnues le temps de leur durée.

 

                        Lors du passage à la retraite, ce supplément de salaire ne sera pas pris en compte. Vous continuerez à percevoir votre salaire de travail au niveau atteint.

 

                        Le salaire insaisissable. C'est la quatrième forme de revenu versé à tous par la société. Il s'agit du salaire réduit au minimum, au seuil de la pauvreté pour tous ceux qui ont encouru des condamnations et qui doivent réparer. J'ai pris plaisir à casser maintenant je dois réparer et la société retient sur mon salaire ce que le juge a prescrit tout en assurant en fin de semaine des travaux d'utilité publique. La société vous laisse en la surveillant votre autonomie, elle ne vous déstructure pas, elle ne vous déstabilise pas, elle vous responsabilise en vous contraignant à réparer. Ce temps de saisie sur vos revenus peut durer très longtemps. Dès qu'un malfrat saura qu'on retiendra sur son salaire pour réparer ses sottises, fût-ce à vie, il se calmera vite d'autant plus que dans cette nouvelle société, chacun possédant logement, revenu, travail, les tensions tombent, la violence s'atténue, il n'y a plus d'exclusion, disparités criantes, des montagnes de richesses ici et des continents de la misère là-bas.

 

 

Revenons sur le salaire de vie. On reprend le terme de salaire au lieu de revenu pour signifier que les deux salaires suivent la même évolution, qu'il n'y a pas d'êtres infériorisés dans la société surtout qu'une personne sans travail n'a pas choisi cette situation de privation.

 

                        Le salaire de vie est d'abord attribué à tous ceux qui sont contraints de rester à la maison comme les mères de famille ou pour tout autre raison comme le chômage. Les mères de famille ont droit à des revenus comme tout le monde versés sur un compte à leur nom personnel qu'elles géreront comme elles l'entendent. Ce ne sont pas des mineures ni des inactives improductives. Une mère de famille assure un travail souvent important qu'on doit reconnaître, elle permet aux enfants et aux adolescents de réussir leurs études et leur développement dans de bonnes conditions, elle décharge son conjoint de toutes les tâches nécessaires au bien-être de la famille et c'est aussi rendre service que vive à la maison et que soit toujours disponible une maman pour accueillir les enfants, pour les éduquer au lieu de les condamner à traîner dans les rues. Il y va de l'équilibre du futur adulte et du plaisir de vivre si nécessaire.

 

                        Ce salaire de vie augmentera au minimum par l'ancienneté comme tous les autres pour passer à un salaire et demi aux deux tiers ou à la moitié d'une carrière et il sera maintenu à ce niveau jusqu'à la fin des jours. Il y aura aussi des mères de famille ayant obtenu un haut niveau d'étude et de qualification donnant droit à un salaire plus élevé suivant la progression de leur statut.

 

                        Le salaire de vie est ensuite attribué à tous les handicapés. Pour ceux qui ne pourront pas gérer leur budget, cette tâche sera confiée à leur responsable légal. Ainsi chacun règlera ses frais d'hébergement, de nourriture, de culture. Les soins seront pris en charge intégralement par la société ainsi que tout le matériel nécessaire. Il n'y aura plus ceux qui peuvent s'offrir un fauteuil roulant motorisé et les autres. De même pour les handicapés demeurant à la maison, chez leurs parents, tous les frais d'aménagement seront assumés par la société. Un handicap, ça suffit. C'est à la société de soigner ses malades, ses handicapés, ses déments, c'est sa façon d'être humaine.

 

 

                        Comme toujours ce salaire de vie suit l'évolution du salaire du travail. On n'exclut personne et surtout pas les plus faibles. C'est l'honneur de l'humanité.

 

                        Le salaire de vie est en troisième lieu attribué aux étudiants à leur majorité en même temps qu'ils intègrent leur appartement. Ils ne sont plus à la charge de leurs parents, ils gèrent leur budget et au fur et à mesure de l'acquisition des diplômes qualifiants leur salaire progresse.

 

                        Le salaire de vie est enfin attribué à l'enfant et à l'adolescent. Il sera versé aux éducateurs que ce soit les parents ou autre personne physique ou morale. Ce salaire de vie correspondra au tiers du salaire du travail et on pourra moduler si besoin. Ainsi une mère de famille de trois enfants disposera de deux salaires, le sien et celui des enfants pour assurer les dépenses de la maison. A la naissance des enfants, tous les frais occasionnés seront assumés par la société qu'il s'agisse d'un déménagement ou d'achats de matériels.

 

                        Cette réflexion s'inscrit dans le cadre d'une société d'hommes responsables et dignes. Aux droits correspondent des devoirs et des obligations et il faut demeurer ferme sur ce point. Dans une société organisée et guidée par la pensée, il y aura toujours plus de postes à pourvoir que de professionnels pour les occuper. Aussi à chacun sera proposé un travail. Personne ne restera à la maison pour profiter des avantages sociaux sans apporter sa contribution. Il s'agit d'un contrat. Les jeunes, garçons et filles à la sortie et dans la continuation de leurs études trouveront un travail et ce sera au moment de la maternité que les mamans décideront de rester à la maison totalement ou partiellement avec le maintien des revenus. Une fois les enfants élevés, la reprise du travail extérieur se fera tout naturellement et si nécessaire en commençant par un stage de formation. Priver quelqu'un de travail, c'est bien souvent le diminuer, chacun a besoin du contact des autres pour progresser, pour prendre confiance et garder confiance en soi, le désoeuvrement dilue et anéantit surtout s'il n'est pas choisi et chacun a besoin de son indépendance pour exister vraiment.

 

                        On entre dans le pays des hommes pour servir avant de recevoir, c'est un état d'esprit qu'il faut partager. Une société  ne peut tenir qu'avec la solidarité de tous. Il n'y a pas ceux qui travaillent et ceux qui profitent. S'assoient à la table ceux qui ont préparé les mets. C'est une évidence que tout le monde comprend. Comme il s'agit d'un contrat proposé lors du passage à la majorité, le jeune adulte peut toujours refuser pour aller s'établir ailleurs dans une autre société pour vivre différemment mais en connaissance de cause et après une année de réflexion, d'échanges, de discussion.

 

                        Assurer un revenu à tous depuis l'enfance jusqu'à la retraite permettra à la société d'éradiquer des activités condamnées et des comportements dangereux. Voués à la misère, des hommes et des femmes cultivent des plantes proscrites ou détruisent des pans entiers de la nature pour survivre. A ces personnes désormais recevant un revenu, il sera plus facile de demander de cultiver des plantes nourricières dont on aura besoin dès que tous disposeront de monnaie et pour celles qui détruisent la nature pour survivre, débarrassées de ce souci, on pourra proposer d'autres activités plus dignes ne serait-ce que la prise en charge et la restauration de la nature. La société n'est plus impuissante mais tout cela doit se concevoir avec toutes les parties, tous les spécialistes dans la plus claire concertation et rapidement avant que de précieuses espèces ne s'évanouissent à jamais.

 

                        Toutes les femmes respectées et percevant un revenu digne, jouissant d'un logement, la hideuse prostitution disparaîtra de la surface de la terre. Elles n'auront plus à commercialiser leur corps, elles auront leur indépendance, un travail, une instruction, une éducation, ce sera un autre plaisir de vivre, ce sera une autre humanité, une autre planète. Une forme d'exploitation aura cessé et il en sera de même pour tous les enfants accueillis, reconnus par la société et pris en charge. Aucune mère ne pourra rejeter, abandonner son enfant sous prétexte qu'elle manquerait de revenus, de logement, la famille s'agrandissant, un appartement plus grand sera proposé. Un changement de société à notre portée si chacun s'engage à être honnête: accomplir son devoir pour que tous les droits soient effectifs pour chacun. Il ne s'agit pas d'une mission impossible, la plupart la réalise déjà quotidiennement avec conscience de la nécessité de l'effort. On a la société qu'on mérite.

 

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