Des tâches urgentes. (suite 15)

Publié le par jacques Brethé

 

Des tâches urgentes.

 

Assurer la qualité de l'air

 

                        La première tâche urgente que doit se donner la société, c’est assurer la qualité de l’air. C’est la condition de notre vie et de la vie sur terre. On a les connaissances, les moyens, on sait filtrer les fumées et les émanations de gaz dangereux. On n’a plus à se demander qui assumera le paiement, qui avancera la monnaie, qui règlera la facture, on a ici encore à définir les priorités, à requérir et à former les spécialistes, à réaliser le matériel nécessaire et à reconnaître le travail accompli, le service rendu. On change pour ainsi dire de civilisation, de mode de gouvernement. Les rois de la terre, ceux qui créent les richesses et les possèdent, ce sont les travailleurs, c’est la démocratie vraiment élargie à tous et rien ne doit s’entreprendre sans leur consultation et tout spécialement sans la consultation des connaisseurs. Le dialogue demeure au coeur de la société. C’est parfois un parcours plus long mais le compromis acquis, le consentement donné, il n’y a plus de guerres civiles larvées. Il s’agit d’une autre société. Bien entendu en arrière, il faut donner à chacun une éducation, le goût de s’informer, de se cultiver et fournir la documentation approfondie et argumentée.

 

                        Se désintéresser de la qualité de l’air, c’est commettre une faute capitale. Ce sont des maladies et des souffrances infligées ; c’est un risque de changement des climats ; c’est créer les conditions de conflit entre les nations ; c’est abandonner les plus faibles à la disparition. L'humanité a reçu en dépôt la nature, elle doit la respecter, la gérer, je rends mon appartement si je suis civilisé dans le même état de propreté où je l'ai trouvé, il y va de notre honneur, de notre dignité. Tout ce tableau est connu. Désormais, on n’a plus l’excuse de dire qui financera. On doit penser et agir. C'est une tâche urgente.

 

                        Les pays émergents ne doivent pas passer par les détours pris par leurs prédécesseurs mais acquérir d'emblée les matériels performants qui ne polluent pas. Ces matériels seront financés par la société de leurs pays. Le gouvernement avec l'appui de ses spécialistes ou des spécialistes étrangers  ordonne les travaux, les fait exécuter et les reconnaît tout en prévoyant un corps pour l'entretien et la maintenance. Les connaissances doivent se transmettre rapidement ainsi que toutes les techniques avec le souci de former les autochtones. Il s'agit d'un problème trop grave pour qu'on hésite ou attende. Avec une monnaie unique mondiale sans passer par les changes et les taux d'évaluation tout se simplifierait. De plus en plus naît la conscience que les hommes appartiennent au même village et qu'ils se doivent amitié.

 

La qualité et la distribution de l'eau

 

De l'eau pour tous.

 

                        La deuxième urgence mondiale à résoudre, c'est la maîtrise de l'eau. Il s'agit d'un problème crucial avec ses extrêmes, une surabondance ici, un terrible manque ailleurs, un fléau ou une richesse tant souhaitée. Il faut des équipes de spécialistes, là pour réguler les débits, ici pour fournir la précieuse matière. Cette réflexion mondiale a déjà été engagée, il faut lui fournir des moyens tout en l'amplifiant et en lui donnant le caractère de l'urgence.

 

                        On a été capable d'installer des oléoducs et on serait incapable de poser des réseaux pour alimenter des régions entières d'eau potable ou propre aux cultures. On pouvait argumenter en invoquant la rentabilité au profit des plus riches maintenant on sait que la société n'a qu'à décider, à former des projets, à les faire exécuter et à les reconnaître en mettant en face la monnaie sans aucun souci de rentabilité. Il s'agit d'une responsabilité politique. Les connaissances sont là, les moyens techniques aussi, il ne reste plus que les bras à trouver et dans tous ces pays en manque d'eau, on ne doit pas être en manque de main d'oeuvre. Une tâche urgente.

 

                        Où trouver l'eau ?

 

                        Les océans ne sont pas si assoiffés ni si vides qu'ils exigent que les fleuves déversent à flots ininterrompus leur précieux liquide. On peut capter et détourner sans dommage des quantités énormes. On peut construire des aqueducs et creuser des canaux. On en a les moyens, il y faut la volonté.

 

                        On sait détecter les sources d'eau douce qui se déversent au fond des mers et des océans, on sait dessaler pour féconder le désert, on sait détecter les nappes phréatiques et les fleuves souterrains, on sait analyser et traiter, il ne reste que la volonté. Il est impensable de laisser des millions d'hommes, de femmes et d'enfants sans eau potable, souffrir sans cesse et pour les plus faibles mourir. Nous n'avons aucune excuse, personne ne peut invoquer un manque de monnaie, de connaissances, de personnels, de bras.

 

                        La richesse assurée

 

                        De l'eau, du soleil, des terres, c'est l'assurance de posséder à discrétion de toutes les nourritures, c'est la disparition des famines, c'est la base sur laquelle s'édifie la société, c'est le premier souci résolu : assurer sa subsistance, celle de sa famille et produire en augmentant par les connaissances techniques et scientifiques la qualité et la productivité pour libérer beaucoup de bras et d'intelligences pour d'autres tâches. Tout cela, c'est connu et appliqué avec succès. Sur un plateau de granit bien horizontal, j'étends quarante centimètres de limon que je suis allé chercher dans le lit qu'un fleuve déversait dans la mer, j'amende, je répands du terreau et me voilà en possession d'un jardin qui produira à merveille et tant que je l'entretiendrai ; j'habite sur une dune sablonneuse, j'ajoute de l'argile, je tire mes tuyaux d'arrosage et tout croît et tout le temps puisque le soleil ne ménage pas ses rayons. Et pour réaliser toutes ces structures, la société reconnaîtra les travaux au fur et à mesure de leur réalisation tout en en prenant possession. Produire suffisamment oui mais jamais au-delà.

 

                        La pureté de l'eau

 

                        Un fleuve n'est pas un égout, un océan n'est pas une poubelle et nous retrouvons les mêmes problèmes que ceux rencontrés pour l'air. Là aussi, nous possédons les connaissances, les moyens. L'utilisateur doit remettre dans le circuit l'eau qu'il a reçue avec toutes ses qualités de propreté. Il doit filtrer et retirer les éléments indésirables. Il ne pourra plus invoquer le coût des installations puisque la société en partenariat prendra en charge et financera. On n'a pas le droit de lésiner sur un point si important ni de repousser la solution. On ne joue pas avec la vie et la mort des végétaux et des animaux, on ne prive pas les hommes de la jouissance d'un beau et splendide fleuve aux eaux saines et poissonneuses.


 

                        La protection des espèces

 

                        Espèces végétales et animales doivent être protégées. Ce souci est bien admis et mis en oeuvre à travers la constitution des parcs et l'interdiction d'y pénétrer ou  la possibilité de les visiter avec l'aide et sous la surveillance des gardes. Mais demeurent encore de vastes secteurs abandonnés à l'avidité humaine ou à la nécessité d'assurer les moyens de son existence. Ainsi on détruit des forêts pour se procurer du bois sans se soucier des espèces animales parfois uniques qu'on fait disparaître en supprimant leur habitat. Désormais la société de ces pays ou la société mondiale peut décider d'assurer les revenus de ces hommes et de ces femmes en leur versant leur salaire habituel tout en alimentant le marché et en assurant la stabilité des prix. C'est le premier moment qui ne devrait pas durer, car priver quelqu'un de son activité, c'est le dégrader et le détruire, nourrir à vie une personne bien portante qui demande à participer, c'est la nier dans ce qu'elle a de meilleur, c'est l'anéantir. J'ai reçu, je veux donner à mon tour, c'est dans notre nature.

 

                        Le deuxième moment consistera à s'asseoir pour examiner ensemble ce qu'il conviendra d'entreprendre pour que tous conservent leur dignité à travers l'exercice d'une activité. Ces bûcherons qui pour vivre devaient accomplir une besogne qui leur répugnait peut-être risquent de devenir maintenant des arboriculteurs chargés de replanter la forêt, de l'entretenir, de la protéger. Il y faut une formation, des connaissances et du temps. Il y aura aussi d'autres activités qui demanderont des travailleurs. Toute société a toujours plus de postes à offrir que de personnels à disposer.

 

                        Cette idée que la société a l'initiative et qu'elle dispose de tous les moyens dont celui du pouvoir de création de la monnaie peut s'appliquer dans tous les domaines.

 

 On ne supprime jamais les revenus des personnes qui produisent pour vivre des denrées qu'on ne veut plus sur le marché à cause des dangers qu'elles représentent pour la santé ou pour l’environnement, pensons aux forêts, aux animaux, aux poissons. Tout en assurant les revenus, avec les intéressés on choisit d'autres activités et ce sera souvent progressivement car il est difficile de gagner la confiance. Le bûcheron peut se transformer en arboriculteur. On peut parier sur l'intelligence. Quel homme veut détruire un autre homme ?  Quel homme veut détruire les enfants d'un autre homme ?

 

 

Commentaire

 

Dès qu’on place la pensée au cœur de la Société, c’est l’ordre et la justice qui s’instaurent. Tout dérèglement conduit à la catastrophe. L’ordre des priorités pour assurer la pérennité de la vie consiste bien à assurer la qualité de l’air et de l’eau, la protection des espèces. Dès que la pensée reprend sa place, au cœur et au sommet, on ne peut plus invoquer le manque de moyen pour agir. Ce sont les idées qui créent. C’est la pensée qui élabore les projets et les reconnaît en mettant en face la monnaie, l’éminente valeur d’échange.


 

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