Caractéristiques du pacte monétaire.

Publié le par jacques Brethé

Caractéristiques du pacte monétaire  Livre

 

Un engagement universel.

 

            Au cœur du pacte monétaire s’inscrit un engagement universel de tous les hommes vis-à-vis de tous les hommes. Ils s’engagent à reconnaître la valeur du travail ou des services comme valeur économique d’échange, sous une forme d’unités monétaires créées et définies par la Société avec l’accord de tous.

 

Cette reconnaissance doit être égale quel que soit le pays ou le continent. Elle doit être fixée par un accord commun tout en admettant des ajustements. Cette monnaie est libératoire. Personne ne peut la refuser. Elle a force de loi. A travers elle, on échange travail contre travail, service contre service. L’idéal consistera à réaliser une monnaie unique pour tous les hommes. Elle doit être inscrite dans la déclaration universelle des droits de l’homme.

 

« Tout homme a droit au travail et à recevoir en équivalence pour échanger une somme de monnaie lui assurant la satisfaction de ses besoins. Il s’agit de sa dignité.

 On ne peut priver de monnaie un homme empêché de travailler pour des raisons qui ne dépendent pas de  sa volonté. Ses revenus doivent être maintenus.

 

Le droit à posséder de la monnaie pour assurer ses conditions de vie est un droit sacré.

 

Le droit à posséder et recevoir monnaie pour assurer son existence exige l’accomplissement des devoirs correspondants : travail et service au sein de la Société. »

 

Un engagement solennel

 

            Le pacte monétaire suppose un engagement solennel de tous les hommes.

 

 D’abord lors de son accession à la majorité, la tranche d’âge concernée est invitée dans le cadre de cérémonies officielles à s’engager au respect des valeurs inscrites dans la déclaration universelle des droits de l’homme, dans la constitution de la Société mentionnant notamment le respect du pacte monétaire. Il s’agit d’acquérir les connaissances nécessaires, de former le jugement et de prendre conscience de la nécessité et du bien fondé d’un tel pacte, source de richesses, de reconnaissance mutuelle et d’harmonie.

 

 C’est en connaissance de cause que les jeunes gens appelés à entrer pleinement en Société s’engagent à la servir pour recevoir et jouir de tous ses avantages. Cette cérémonie doit être préparée par toute une année d’enseignement et de formation, on ne s’humanise pas spontanément. On s’humanise au contact des meilleurs en approfondissant leurs pensées et leurs œuvres.

 

            Cet engagement solennel sera renouvelé par toute la société à temps fixe en mettant l’accent sur un point précis, en rappelant les errements du passé, en insistant sur l’éminente valeur du travail, sur la nécessaire solidarité, sur la responsabilité de chacun à parfaire ses connaissances et à progresser dans sa profession. Chacun attend des autres le meilleur mais chacun se doit de viser à réaliser ce qu’il exige des autres.

 

                        Il s’agit d’un point essentiel. La spécificité de l’homme, c’est d’apprendre, de se cultiver, de s’inscrire dans une tradition et de connaître l’histoire de l’humanité avec ses penseurs, ses sages, ses croyances, ses arts pour éviter de commettre les erreurs du passé. Se personnaliser et s’humaniser sans cesse.

 

                        Dans nos sociétés, on compte essentiellement sur le système éducatif pour remplir cette mission et on entre en Société tout naturellement, sans accroc mais sans vraie prise de conscience, sans avoir reconnu ce que signifie cette entrée en Société et c’est probablement un manque qu’il faudrait combler en créant un ensemble de manifestations et de cérémonies marquant l’entrée du jeune en Société. En particulier en ce qui concerne notre propos, le jeune doit s’engager en connaissance de cause solennellement à respecter la monnaie car elle exprime la reconnaissance des autres à travers un travail ou un service. Il s’inscrit dans une chaîne en adhérant à toutes les obligations d’une conduite honnête.

 

                        L’entrée officielle en Société demeure pour ainsi dire un droit mais elle se mérite. Elle n’est plus automatique à partir de l’âge de la majorité, elle exige en contrepartie l’exécution de ses devoirs. Un être digne, c’est un homme qui s’engage à rendre des services tout en sachant qu’il ne pourra jamais rendre à la hauteur de ce qu’il a reçu. C’est ainsi, c’est une évidence. L’enfant a été accueilli, éduqué, formé, entretenu, soigné ; l’adolescent a profité de tout un enseignement pour accéder au monde culturel, scientifique, humain ; le jeune adulte a appris un métier, a choisi une profession exigeant de longues études parfois. Autant de bienfaits inestimables et impossibles à rendre.  Tout don exige un don de reconnaissance, c’est la grandeur de l’homme. Refuser d’entrer dans un cycle d’échange, c’est s’exclure de l’humanité, c’est fermer sa porte. Les recroquevillés à la fin disparaissent. Les civilisations repliées sur elles-mêmes s’affaiblissent et deviennent la proie des autres. L’émulation demeure une nécessité. Vivre, c’est risquer et entreprendre.

 

« Et ceux qui ne veulent pas entrer dans ta Société, s’était écrié Acéroplus, un soir de veillée, qu’est-ce que tu en feras, brave Suinam ?

 

-En aucun cas, je ne les retiendrai, en aucun cas, je ne les exclurai

Dans une Société capable de dignité et de respect, on n’exclut jamais. C’est l’intéressé qui prend la décision d’une autre voie d’une autre manière d’exister et il faut se garder de juger et de condamner.

 

- Mais, vas-tu supporter qu’ils continuent à vivre au milieu de la Société sans droit pour ainsi dire, sans reconnaissance ?

 

- Tu vas vite, Acéroplus, à exclure. Toujours cette obsession de l’uniformité qui n’a rien à voir avec l’unité.

Nous faisons tous partie de l’humanité et il y a mille manières de vivre en Société.

 

Regarde autour de toi et tu vois bien des femmes et des hommes qui vivent autrement, qui refusent tout lien au nom de la liberté craignant la servitude. Tu peux penser qu’ils se trompent et que vivre avec les autres en échangeant travaux et services est libération et liberté, exaltation de la personne dans le groupe et tu n’as peut-être pas tort. Mais d’autres peuvent penser autrement et parfois ouvrir des voies que personne n’aperçoit. Il faut donc admettre cette possibilité de vivre au milieu de la Société sans accomplir les mêmes devoirs mais après discussion et compréhension. Les Ordres religieux, par exemple, vivent différemment au sein de la Société mais tous ces Ordres ont passé convention et respectent l’essentiel des valeurs constitutionnelles.

 

Pour ceux qui refusent tout compromis, tu leur conseilleras de ne pas abuser des avantages sociaux et tu réduiras leur revenu au minimum vital.

 

Cette position peut te paraître laxiste mais c’est un moindre mal et tu peux supposer qu’une personne qui refuse d’adhérer à la Société possède quelques bonnes raisons que tu chercheras à connaître et à combattre s’il y a lieu. Il faut bien te dire aussi que certains parmi nous aiment disposer d’un maximum de temps pour rêver, pour penser, pour composer, que leurs besoins matériels demeurent très réduits et qu’un minimum de temps de travail rémunéré leur suffit. Nous rappeler à la gratuité, à la modestie, à la contemplation vaut bien qu’on les accepte au sein de la Société.

 

-                                             - Alors, toi, tu n’exclus personne, même pas les fainéants, les paresseux renommés et tu ouvres la porte à tous ces gueux !

 

-                                             - C’est un pari. Personne ne peut résister longtemps à l’appel de la Société.

Dis-toi bien aussi que parmi ceux qu’on qualifie de marginaux et d’exploiteurs, il y a aussi des malades mentaux et qu’il est inutile de vouloir les convaincre rapidement et dangereux de ne pas leur accorder le minimum vital.

 

- Tu es bien trop compatissant

 

- Mieux valent bonté et tolérance que méchanceté et intolérance ! »

 

 

                        Cet engagement solennel, il fallait le renouveler de temps en temps, trouver un moment favorable pour que tous lors de cérémonies officielles disent leur attachement à la Société. La vie quotidienne avec le retour des jours et des saisons émousse les sens, banalise ce qui fut une conquête, un moment de l'histoire humaine, oublie les héros qui ont illuminé le chemin et leurs sacrifices, elle use et érode les plus étincelants monuments. Aussi faut-il secouer la poussière accumulée pour retrouver dans un moment de ferveur l'âme de ceux qui ont ouvert l'avenir.

 

 

Un engagement sacré

 

            La monnaie traduction du travail ou d’un service demeure une valeur sacrée, un droit inaliénable comme tous les droits attachés au respect de la personne humaine.

 

Mépriser la monnaie, la déprécier, la dévaluer revient à inférioriser et à abaisser ceux qui l’ont produite, à leur faire injure. On n’a pas à la gaspiller.

 

Il s’agit d’une institution fondatrice de la vie sociale en permettant tous les échanges, c’est un ciment indispensable, un sang signifiant la vie. Chaque sociétaire s’engage pour assurer sa pérennité et sa fixité sachant que tout dérèglement conduira au désordre et finalement à la ruine des plus modestes.

 

Une monnaie sûre et respectée basée sur l'accomplissement régulier et sérieux du travail signifie la prospérité, l’abondance et finalement la paix, elle demeure un lien qu’on ne dénoue pas sans créer un désordre qui peut être mortel. C’est souvent autour de leur monnaie que se sont constituées des nations.

 

 Toutes ces réflexions conduiront tout homme à s’engager dans l’univers du travail pour participer à une œuvre grandiose se gardant d’abuser du travail des autres. Chaque fois que les hommes ont uni leurs compétences s’arc-boutant pour réaliser un projet commun, c’est un chef d’œuvre qui a jailli du néant.

 

                        On s'engage vis-à-vis de la monnaie comme on s'engage vis-à-vis de ses enfants, elle représente une valeur éminente, on ne l'adore pas comme un dieu mais chacun sait qu'elle rassemble en elle l'effort, le travail, la pensée, l'affection d'autres hommes.

 

Elle n'a pas été créée à partir de rien, elle a été créée à partir de la vie donnée et concrétisée d'hommes et de femmes  soucieux du bien être de tous.

 

La monnaie est un cadeau, l'offrande d'un être digne et responsable. La mépriser, la défigurer, la calomnier, c'est insulter la mémoire des créateurs, c'est une oeuvre d'art en quelque sorte et s'en prendre à sa personne, c'est commettre un sacrilège.

 

La monnaie demeure un bien sacré, au même titre que l'air ou l'eau, elle signifie la vie, la vie donnée et partagée, l'accès à la nourriture, à la culture, aux biens, à tout ce qui nous comble. Sans monnaie, je suis réduit à rien, je dois mendier, je risque d'être exploité, maltraité, avili. C'est pourquoi chacun doit recevoir de la monnaie comme quelque chose de sacré, c'est la clef d'entrée dans la Société, c'est son souffle, son indépendance, sa liberté, sa dignité.

 

Commentaires

 

On n’entre pas en société comme on entre dans un moulin. On n’adhère pas à une religion sans préparation et sans le passage par une succession de cérémonies ; on ne s’affilie pas à un groupe, à une association, à un parti, à un mouvement sans en connaître l’histoire, la composition, les lois, les règles, les buts, les moyens. On vous demande un engagement souvent écrit matérialisé par votre signature au bas d’un document ou d’un chèque.

 

Or notre entrée en Société dans nos pays et notre adhésion à tout ce qui constitue la base de notre existence passent inaperçues comme si c’était banal, allant de soi, aucune cérémonie, aucun engagement. Comment voulez-vous que chacun se sente partie prenante et active de notre Société ? 

Cette entrée en Société consciente avec toutes les connaissances doit se préparer depuis l’enfance et plus spécialement l’année précédant l’accès à l’âge de la majorité. Il faut bien rappeler au jeune les caractéristiques de notre Société, son histoire en la comparant avec d’autres pour lui donner liberté éclairée le droit de choisir ou non notre type de Société à l’entrée de sa vie d’adulte ou plus tard.

 

Il faut ouvrir la possibilité de vivre autrement tout en restant au sein de notre société ou en allant s’établir ailleurs. C’est en ouvrant cette possibilité qu’on ouvre aussi la possibilité du doute capable de faire évoluer les structures de notre société. Une société comme l’a vécu Sparte ne doit pas demeurer figée, statufiée.

 

Toujours est-il que le jeune et à cette occasion ce sera tout le monde, doit être conscient des valeurs que porte et promeut sa Société en comparaison avec d’autres pour que son engagement soit libre et sincère. Or tout cela, nous l’occultons, nous le banalisons. Seules quelques municipalités en France organisent des cérémonies et des fêtes d’accueil en Société de leurs jeunes atteignant l’âge de la majorité et de la pleine responsabilité. Ce devrait être une célébration nationale. Un moment de ferveur n’a jamais nui à l’unité d’une nation, puisse cette nation devenir planétaire, tous les hommes de tous les continents célébrant le même jour leur amitié !

 

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