Valeur de l'unité de monnaie.

Publié le par jacques Brethé

Valeur de l’unité de monnaie.

 

Nous savons que la monnaie correspond à la reconnaissance par la Société d’un travail, d’un service, d’un mérite sous la forme d’une valeur d’échange. Nous savons aussi que la monnaie de nature spirituelle n’a pas d’existence matérielle. Il nous reste à définir sa valeur d’échange et son unité.

 

Pour définir l’unité de base, il faut partir dans une société donnée des besoins à satisfaire, de la quantité et de la qualité de travail que peut produire un individu et décider de faire correspondre la somme mensuelle à assurer.  Si un travailleur peut fournir en moyenne 160 heures de travail par mois, le salaire reçu correspondra à 160 deutères et l’unité monétaire vaudra un deutère équivalent à  une heure de travail.

 

 Pour les ouvriers spécialisés après discussion, on multipliera l’unité de base par un coefficient. Le deutère se divisera en centimes.

 

Tous les prix seront calculés en fonction de cette base. Une heure de travail vaut un deutère et avec mes 160 deutères, je pourrai assurer mon existence. L’essentiel consiste à bien proportionner les revenus de chacun avec les  prix des produits et services. Il faut éviter l’inflation qui ruine en distribuant trop de monnaie et la déflation qui tue en bloquant l’activité. Personne n’aura la solution, des ajustements seront toujours nécessaires. Dans une société digne, on discute et l’on demeure capable de compromis.

 

            En résumé, l’unité de monnaie correspond à une heure travaillée par un salarié de base.

            Le salaire de base est calculé dans une société donnée pour assurer à chacun ses moyens de subsistance, (nourriture, logement, habillement, culture, sport, détente...) et sa dignité.

            Il est important de lier dans les esprits travail et monnaie, service et monnaie pour qu’à la fin du mois le salarié puisse dire indifféremment  « J’ai reçu 160 heures à échanger ou 160 deutères»  et qu’il établisse la relation entre un achat et un temps de travail «Ma baguette de pain correspond à dix minutes de travail ». A travers la monnaie, c’est du travail ou des services qu’on échange.

 

Un produit que la main de l’homme n’a pas travaillé n’a pas de valeur d’échange. Le champignon que vous offre la nature ne coûte rien mais le champignon qu’un spécialiste a cueilli pour le vendre sur le marché vaut le temps consacré à sa recherche, à sa préparation, à son transport... L’eau que vous buvez à la source ne coûte rien mais celle que  vous buvez dans votre appartement vaut le temps de travail accumulé pour vous la servir.

 

Revenu minimum actuel pour un salarié. Valeur de l’unité monétaire.

 

On sait calculer le revenu minimum que doit recevoir un salarié dans tel pays, telle région, telle ville pour vivre et c’est ce qui constituera la base de départ, le socle. On sait aussi les proportions de chaque catégorie de dépenses, le logement, la nourriture, la consommation énergétique, les transports, les loisirs, la culture…et on dispose de modèles théoriques. Il suffira d’ajuster. Si par bonheur le prix des loyers chutait de 20%, on devrait en tenant compte de leur proportion dans les dépenses baisser  les revenus non pour brimer mais pour éviter tout risque d’inflation. Percevoir un revenu qui ne correspond à rien, qu’aucune activité ne justifie, qu’aucun travail n’honore, ouvre l’entrée dans le cycle du malheur humain. L’Espagne perçoit de l’or sans qu’elle n’ait fourni un travail correspondant suffisant, elle s’en sert, elle le distribue, elle profite des avantages procurés par l’or mais elle ne travaille plus ou beaucoup moins que les pays voisins et lorsque cet apport cessera, elle sortira affaiblie et diminuée, en rade, elle n’a pas progressé, elle a joui d’avantages en oubliant que seuls l’effort et le travail sont porteurs d’avenir et de richesses.

 

 Pour en revenir à notre revenu minimum, on peut affirmer qu’il correspond au Smic, grosso modo et que l’unité monétaire vaudra le total mensuel divisé par le nombre d’heures de travail. Vous saisissez que tout cela demeure conventionnel et difficile à établir au millimètre, on échange des temps de travail à travers la monnaie, on veut à la fin du mois boucler son budget, ce qui suppose une entente pour tout proportionner. Nous sommes en plein dans le monde des idées, le monde de l’homme. Si dans l’ensemble les prix demeurent stables, on aura une bonne base de discussion pour affiner sans cesse, par contre si les prix entrent dans la folie des changements sans vraie justification, on part pour des désordres aux conséquences imprévisibles. Les périodes heureuses de l’humanité, si j’ai bien compris, sont celles de la stabilité des prix, pas d’inflation, le sou d’hier vaut celui d’aujourd’hui. Je pourrai avec mes revenus toujours vivre, mon pécule ne fondra pas au fil des années ; les périodes heureuses de l’humanité sont aussi celles de la paix, paix avec l’étranger, paix civile, paix intérieure ; le bonheur viendra aussi lorsque débarrassée de toute éventualité de guerre, l’humanité aura cessé de préparer un armement si coûteux et si dangereux.

 

 

 

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